Ma Photo
Powered by TypePad

juin 2009

lun. mar. mer. jeu. ven. sam. dim.
1 2 3 4 5 6 7
8 9 10 11 12 13 14
15 16 17 18 19 20 21
22 23 24 25 26 27 28
29 30          

« Néosynarchie 15 | Accueil | Néosynarchie 17 »

05/09/2008

Néosynarchie 16

MARIE est là, assise sur un banc

Marie est là, assise sur un banc. Dois-je préciser qu'elle est resplendissante et si tellement tout ça qu’à côté d’elle le T.G.V. ressemble à une charrette à bras mérovingienne ?

Finalement ce n'est peut-être pas la peine car, à force d'à force, il y a bien un gazier qui va finir par me la kidnapper.

Je l’embrasse maladroitement.

Je suis toujours terriblement maladroit avec les femmes et plus encore avec celles que j’aime. Je suis un éternel adolescent (un vieux conflit oedipien mal résolu sans doute).

Je mélange mes mains, mes intentions, mes pas, mes absences d’idées, mes mots…

C'est mon « plus » séduction, car je pense que ce sont justement ces confusions ridicules qu’elles aiment le plus en moi.

Elle sent bon le parfum de femme « femme » et le savon de Marseille.

Avec Marie le naturel prévaut. De là à penser qu’elle triche un peu...

Chassez le naturel...

Il fait une chaleur de four et je l’entraîne à la terrasse ombragée d’un bistrot à la sortie de la gare. J’ai très peur pour elle, un peu aussi pour moi et modérément pour le monde entier.

  • Le jeu tourne mal Marie, il faut que j’en sache un peu plus pour éviter qu’on se retrouve prématurément « game-over » sans passer par la case départ et toucher les 2000 euros.

Elle se balance sur sa chaise, les mains jointes. La transpiration marque son chemisier blanc sous les aisselles. Elle a les traits tirés et une petite ride scélérate, fine comme un cheveux, lui barre le front. Pour l'instant ça ne lui va pas trop mal.

  • Moi aussi, je commence à avoir la trouille !

  • Plus je m’intéresse à cette histoire d’attentat et à David et plus je sens monter la pression. Crois-moi ce n'est pas de la parano et je sais de quoi je parle.

  • Je suis sûre que je suis constamment suivie.

  • Rien que pour te retrouver ici j’ai fait deux fois le tour de la ville ! Je suis devenue une vraie sous marinière et je ne sais plus comment m’en sortir.

  • C’est vraiment à devenir chèvre. Depuis trois mois je change autant d’hôtels que de strings.

  • Je me balade avec tout mon fric sur moi. Je n’ai plus de téléphone et je ne peux même plus me rendre à mon club de gymnastique !

  • C’est plutôt pas mal comme précautions.

  • Tu rigoles ! Tu ne veux pas que je me décolore les cheveux aussi !

  • Je te dis que j’ai la frousse !

  • Je n’ai plus que cette pauvre Mimi pour garder le contact avec la civilisation et toi pour épancher mes états d'âme.

Marie a raison. Il est urgent de se mettre un peu au vert.

Si nos ruses de sioux nous rassurent un peu, nous savons aussi qu’elles sont dérisoires et qu’ils nous retrouveront dès qu’ils l’auront décidé.

  • Ceci dit, tu as raison, ce serait mieux si tu te décolorais les cheveux !

  • Quand as-tu revue Mimi pour la dernière fois ?

  • Il y a une semaine environ.

  • Il y a un problème avec Mimi ?

Marie est paniquée. Mimi est pour elle une amie de longue date et imaginer qu’elle puisse être en danger lui est insupportable.

  • Rassures-toi, pas de problème pour l'instant.

  • je préfère cependant que tu oublies provisoirement le café des bons amis.

J’observe les alentours de la terrasse.

Sur la vitrine d’un « tabac presse » un gros titre annonce la chute des principales places boursières.

  • C’est qui ce Babygros Skud ?

Marie cherche dans ses souvenirs en levant les yeux au ciel.

J’aime infiniment lorsqu’elle fait ça. Elle rejette la tête en arrière. La flexibilité de son cou fragile avec la petite veine bleutée m’émeuvent au point que c’est rien de le dire.

Je compte bien lui poser une foule de questions.

  • Je l’ai rencontré une fois du temps ou je traviallais avec David : la quarantaine virile, type méditerranéen, super baraqué, des cicatrices sur le visage, allure sportive, discret, taciturne. Pas le genre de mec qui donne envie de lui taper sur l'épaule.

  • Je m’en souviens très bien car c’était juste la veille de la disparition de David et il m’a dit qu’on serait certainement amené à se revoir.

  • David avait simplement acquiescé sans faire de commentaires.

  • Je n’ai pas compris pourquoi il m’a demandé de te faire rencontrer Piotr.

  • Comment Babygros Skud a-t-il pu comprendre qu'il pouvait me faire rencontrer Piotr en s'adressant à toi et en fixant rendez-vous chez Mimi ?

  • Comment est-il entré en contact avec toi ?

  • Une simple lettre à mon attention déposée dans la boite à lettres.

  • À l’intérieur, les consignes que tu connais : une photo de moi à poil sous la douche, mon numéro de Sécurité Sociale, ainsi que mon groupe sanguin pour bien me mettre la pression et accréditer sa démarche.

  • Tu sais, faut pas s’y fier ! Mimi n’a vraiment rien d’une faible femme !

  • Ça fait plus de vingt ans qu’elle s’entraîne au tir de compétition, c’est une vraie championne !

Marie se calme peu à peu. Parler lui fait du bien. Elle se mordille un doigt avec cet air butté qui me trouble tant. Le même, exactement le même lorsqu’elle était gosse. Lorsque la mère COUSON s’ingéniait à l’humilier.

Je me tais, perdu dans mes pensées, sous le charme…

J’aimerai bien avoir la photo sous la douche pour mon album secret.

J’ai du mal à imaginer Mimi dans un stand de tir. Les gens sont incroyablement surprenants.

Comme d’habitude Marie accroche la lumière.

Pourquoi aucun metteur en scène ne l’a-t-il pas encore remarqué ? Sur une photo, au milieu d’un groupe de cent personnes, on ne voit qu’elle. J’essaierai peut-être un jour de la demander en mariage car c’est toujours le meilleur moyen pour disposer du modèle original rien que pour soi. (enfin je crois...)

En attendant, j’aurais très prochainement le dossier complet concernant ce Babygros Skud.

  • Tu as dû penser que j’étais devenue folle !

  • Je n’ai rien pensé de précis te concernant.

  • Les femmes sont généralement un peu folles...

  • Non, vraiment, je n'avais qu'une chose en tête : te retrouver au plus vite.

  • Quand je pense à toi, c’est à dire toutes les demi-heures, ça me fait des picotis partout mais ce n’est pas désagréable, bien au contraire.

  • Pour ta gouverne il faut que tu saches que Piotr n’a jamais voulu me tuer.

Il y a de gros trous dans le scénario et je déteste ça ! J’aurais besoin de relire le scripte pour l’étudier.

Lorsque je ne comprends plus c’est qu’il y a forcément une embrouille, puisque je suis supérieurement intelligent !

  • Où et comment puis-je entrer en contact avec Babygros Skud ?

  • Ça me paraît compliqué, je connais si peu de choses le concernant.

Elle me fixe droit dans les yeux et je fonds comme une noix de beurre dans une poële à frire.

  • Quelle est la part de vérité dans l’histoire que je t'ai fait parvenir?

Marie me regarde avec lassitude. Elle avait retourné cette histoire dans tous les sens pour tenter de distinguer la part de réalité de celle de la fiction. Elle était parvenue à assembler quelques pièces du puzzle mais n’avait encore aucune vision cohérente de l’ensemble.

Je n'ai pas d'autre choix que de botter en touche.

  • La vérité ! La vérité ! Tu la connais, toi, la vérité ? C’est ce qu’on te raconte ? C’est ce qu’on te montre ? Ou bien c’est ce que tu crois ?

Comment puis-je lui dire… ?

  • La vérité est que j’ai trouvé cette histoire en fouillant dans le bureau de David. Je suis sûre qu’il avait laissé ce document pour que je le trouve et que j’en fasse un usage quelconque.

  • D’ailleurs c’est le seul document digne d’intérêt qui restait.

  • Il avait fait disparaître tout le reste pendant le week-end, juste avant de partir.

  • Comme j’étais dans le brouillard, j’ai pensé à toi en te le proposant sous forme de jeu comme on fait d’habitude.

  • Seulement maintenant il y a un problème : le dénommé Eugène, petit fonctionnaire de l’état français, qui travialle pour les services secrets, a trouvé un gros os qui mobilise tous ses copains. Et moi maintenant je suis dans la merde.

  • Travailler pour David comportait des avantages, mais aussi quelques risques que tu ne devais pas ignorer, vue la nature de ses activités.

  • Oh, tu sais ! Il ne faut rien exagérer ! Je tenais son agenda, j’effectuais des transactions financières, je rédigeais des rapports, je faisais aussi le café et basta ! La routine quoi…

J’adore quand Marie est de mauvaise foi et qu’elle se prend les pieds dans le tapis en essayant de se justifier. Ses pommettes prennent des couleurs de pêche abricot pas trop mûr, ses yeux se voilent un peu puis s’assombrissent, sa voix perd de son assurance et elle devient si désirable que ce n’est pas possible à supporter et qu’il devrait y avoir une loi pour interdire aux femmes de me faire souffrir ainsi !

Un ange démoniaque passe...Marie reste silencieuse, le menton posé sur sa main. Elle boude, sans doute un peu vexée par ce que je viens de lui dire. J’enfonce alors un peu le clou.

  • Sans vouloir te vexer, tu t’y es mise un peu toute seule dans la m… quand tu as vidé les comptes de la société.

  • Pour le reste, j’en arrive à peu près aux mêmes conclusions que toi.

  • Connais-tu les actionnaires ?

  • Je pense en connaître deux ou trois, mais ils ne sont pas joignables.

Un fou rire nous secoue nerveusement, puis je poursuis mon interrogatoire.

  • Où est le document original ?

  • Tu es le seul à ma connaissance à posséder désormais une copie de ce texte. J’ai brûlé l’original après avoir retrouvé mon appartement dévasté.

  • Tu es bien sûr qu'ils n’ont rien trouvé au cours de la perquisition ?

  • Qui ça ils ?

  • De toute façon ça ne risquait pas ! Il était dans mon slip si tu veux tout savoir !

  • Oh ! Comme j’aimerais être original !

A suivre

TrackBack

URL TrackBack de cette note:
http://www.typepad.com/services/trackback/6a00d8341c8abc53ef00e55502335d8834

Voici les sites qui parlent de Néosynarchie 16 :

Commentaires

Vérifiez votre commentaire

Aperçu de votre commentaire

Ceci est un essai. Votre commentaire n'a pas encore été déposé.

En cours...
Votre commentaire n'a pas été déposé. Type d'erreur:
Votre commentaire a été enregistré. Poster un autre commentaire

Le code de confirmation que vous avez saisi ne correspond pas. Merci de recommencer.

Pour poster votre commentaire l'étape finale consiste à saisir exactement les lettres et chiffres que vous voyez sur l'image ci-dessous. Ceci permet de lutter contre les spams automatisés.

Difficile à lire? Voir un autre code.

En cours...

Poster un commentaire