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juin 2009

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19/06/2009

Pauvre MEDEF


 


Le MEDEF n'a aucune imagination. C'est l'organisation patronale la plus ringarde et la plus idiote qui puisse exister. Les membres actifs de cette organisation non-coopérative1désirent entreprendre de grandes réformes progressistes pour préparer l'avenir du futur en nous renvoyant dare-dare au tout début de la révolution industrielle. Ce sont donc de joyeux révolutionnaires qui veulent, entre autres choses : revenir sur les droits acquis par les travailleuses travailleurs, en finir avec les 35 heures, éradiquer les conventions collectives, supprimer les congés, supprimer les CDI, supprimer les salaires, les primes, les arrêts maladie, les pauses cigarette, les machines à café et aussi renforcer les syndicats.

Ce n'est pas compliqué, ils voudraient tout supprimer à terme, y compris les travailleuses travailleurs en les remplaçant pas des robots ou, en attendant, par des ouvriers modifiés génétiquement.

Ce n'est pas possible. Il ne faut pas les laisser faire. Ils sont vraiment cons2. Ils pourraient réfléchir un peu quand même ! Qu'ils continuent sur cette lancée et vous verrez qu'ils ne tarderont pas à être victimes d'actes non citoyens fortement répréhensibles. Aucun doute, avec de telles ambitions la violence va se répandre dans les cités sensibles comme l'incontinence dans les rangs des sénateurs.


Je le dis ? Je sais..., je ne devrais pas. Ce n'est pas bien, mais que voulez-vous, j'en meurs d'envie.

Allez, tant pis, je le dis. (il y a des jours où je me botterais le cul)


Pour faire aboutir ces réformes, il suffit : de mieux rémunérer les profs, de passer encore plus de merdes désespérantes à la télé, de mettre en place des stratégies pour que les femmes restent chez elles à torcher les mômes, à faire chauffer les raviolis, et à regarder la télé3, de poursuivre et d'intensifier l'urbanisation telle qu'elle est conçue depuis des années et de distribuer gratuitement des consoles de jeux vidéo. Si vous faites tout bien comme je vous dis, vous constaterez rapidement que les hommes resteront le plus longtemps possible à travailler dans leurs entreprises tellement ils se feront chier chez eux.

Chers responsables du MEDEF de mes trois, c'est bien connu ; il est rare de posséder à la fois l'argent, le pouvoir et les idées. Vous avez l'argent et le pouvoir et moi j'ai les idées. N'hésitez pas à me solliciter car l'argent m'intéresse (quant au pouvoir qui vous rend con, je vous le laisse bien volontiers). En attendant, faites de vos entreprise de véritables lieux de vie et de convivialité, organisez le vide autour, et vous pourrez alors vous torcher avec le code du travail ainsi que vous rêvez de le faire depuis le front populaire.

Pourquoi faudrait-il mieux rémunérer les profs ? Me demanderez-vous alors. Ma réponse sera sans appel : « Vous pouvez faire un petit effort que diable ! Réfléchissez un peu avec le cerveau de la tête. Je ne vais tout de même pas aller jusqu'à vous la tenir ! »

1Je ne m'en lasse pas

2C'est un peu normal car beaucoup d'entre eux sont diplômés de grandes écoles de commerce, ou à défaut d'écoles de la magistrature. Encore que la nuance entre les deux institutions soit très subtile – Certains prétendent qu'il existerait des porosités.

3Il suffit d'effectuer quelques « coupé/collé » avec quelques lois pétainistes.

16/06/2009

Au coeur de la cuisinothérapie : la rééducation du goût


http://www.dailymotion.com/video/x66qcw_le-codex-alimentarius_news

 

Depuis des années il est question de l'éducation du goût.

Il y a même la semaine du goût !

Chaque année, une semaine par an, les chefs sortent de leur cuisine et vont porter les bonnes papilles dans les cantines scolaires. Ils ont pour objectif de sensibiliser au goût, aux bons produits de terroir, à la bonne cuisine, à la gastronomie, à l'art du bien manger.

Lors de ces interventions ils organisent des exercices ludiques et font des démonstrations pour faire découvrir le doux, le sucré, l'acide, le salé, l'amer... Las ! Le défi à relever est ardu et ils se perdent régulièrement dans les méandres lexicaux qui désignent les différents ressentis : le mou, l'âcre, l'astringent, le filandreux, le grumeleux, le croustillant, le visqueux, le gluant, le parfumé....

La bouche est complexe d'autant plus qu'elle se trouve reliée à l'odorat et que le tout est mouliné par le cerveau. Autrement dit : c'est une sacrée salade !

Le cerveau, ainsi interpellé de toutes parts, donne alors ses consignes au système digestif en commençant par les glandes salivaires. Mais il faut savoir que le système digestif a ses propres exigences ; des exigences plus "organiques" plus frustres.

Il y a parfois de profonds désaccords entre les deux centres de décision et ce n'est pas là le moindre des problèmes que nous rencontrons. Lorsque le conflit éclate toutes sortes de pathologies apparaissent : brûlures d'estomac, troubles du transit intestinal, vomissements, boulimie, anorexie, diabète, cancers divers et variés...

Nous le savons : nous avons souvent l'esprit un peu tordu – quant aux intestins ; ils le sont naturellement.

Voici donc, exposé succinctement, tout un programme d'une complexité extrême qui déstabilise nos marmitons, plus au fait des nouveautés de l'industrie agroalimentaire que des processus enzymatiques et des neurosciences.

Éduquer au goût une semaine par an : une ineptie rituelle, une opportunité de faire du bruit pour dire qu'on s'en occupe.

  • Tu as goûté les topinambours ?

  • Mouai...

  • C'était bon ?

  • Non c'était dégueu.

  • Et l'amer ?

  • Ben c'est pas bon. C'est amer. .


Jusqu'à quel âge est-on éduqué au goût et à partir de quel âge pouvons-nous envisager de rééduquer le goût ?

Nous pouvons considérer le colostrum est la première impression gustative1du nouveau né, et le lait maternel, la deuxième. Les mères qui allaitent leur enfant le savent bien et font attention à ce qu'elles mangent pour préserver la qualité gustative de leur lait.

Une première différence apparaît lorsque l'enfant est nourri au lait « maternisé ». Bien que ce lait « premier âge » ressemble de plus en plus fidèlement au lait maternel, il en demeure pas moins vrai que cet aliment de synthèse a un goût et des caractéristiques qui lui sont propres et communs pour tous les enfants qui le tètent, ne serait-ce du simple fait qu'il soit administré via une tétine en caoutchouc.

Dès la diversification de l'alimentation, l'éducation au goût devient complètement aléatoire et particulière à chaque enfant. Tout inter-agit dans la façon de se nourrir et de nourrir un enfant : les modes de vie des parents nourriciers, leur environnement, leur culture, leurs habitudes, leurs croyances, le fait qu'ils fassent appel ou non aux produits alimentaires industriels ...

Toutefois des points communs existent qui concernent la très grande majorité des habitants de cette planète. Ces points communs sont les produits transformés hors domicile et ceux qui proviennent de l'industrie agroalimentaire. Certains sont universels (produits laitiers, boissons, produits surgelés, barres chocolatées, biscuits, pâtes ... ). et d'autres plus locaux (le pain, l'huile, les céréales, les fruits, les légumes et plus généralement, les produits dits de base).

À ce stade de l'exposé, il est important de comprendre et d'expliquer la logique de l'industrie agroalimentaire.


Logique économique :

  • produire au meilleur coût pour réaliser les meilleures marges bénéficiaires possibles.

  • Rechercher la matière d'œuvre où qu'elle se trouve dans le monde, là où l'approvisionnement en flux tendu est possible, là où le prix d'achat est le plus faible, là où les aides douanières, fiscales et autres (directes ou non) sont les plus fortes.


Logique de production :

  • paramétrage des produits dans un but de stabilisation ; stabilisation des saveurs, des coûts de production et des prix vente, stabilisation de la conservation, des conditionnements et des packagings, détermination des images et symboles véhiculés par ces produits,

  • paramétrages des goûts, des aspects et des consistances,

  • utilisation systématique d'additifs pour réduire les coûts de production : sels, sucres, émulsifiants, épaississants, gélifiants, exhausteurs de goûts, arômes etc...


« {......} parce que le sel ajouté dans l'alimentation agit comme un puissant moteur de consommation. Il y a d'abord un effet d'accoutumance. Lorsque l'on commence à puiser dans un sachet de biscuits salés, on a beaucoup de mal à s'en dépêtrer, c'est « le syndrome du biscuit apéritif ». plus on consomme de produits salés, plus on est accro au sel !

Le sel exerce plusieurs effets gustatifs, c'est un exhausteur du goût bon marché, souvent un cache misère, en fait ; car lorsqu'un produit est bon, rien n'est à ajouter. Ensuite, le sel rehausse les saveurs sucrées et inhibe les saveurs amères. En conséquence, il est utilisé dans tous les produits sucrés comme les gâteaux, les glaces, les chocolats, les confitures...

Un autre aspect, purement technologique, se montre particulièrement intéressant sur le plan économique : lorsque l'on ajoute du sel dans n'importe quel produit hydraté – poissons, fromage, viande, charcuterie – on piège de l'eau dans le produit.

Un peu de sel dont le coût financier est dérisoire, permet ainsi d'augmenter le poids des produits et d'augmenter le chiffre d'affaire... Puisque la plupart de ces aliments sont vendus après être passés sur la balance, le secteur accroît par ce moyen son chiffre d'affaire de presque dix pour cent, même si le sel n'est pas l'unique agent utilisé pour accomplir ce tour de passe passe. 2»


Ce paramétrage correspond à la logique industrielle. De la production à la commercialisation, en passant par la transformation, les produits « matière d'œuvre » sont prédéterminés et paramétrés depuis la graine ou l'œuf.

Ils subissent ensuite un processus de déstructuration/restructuration car, dans la logique industrielle, tout doit rester en permanence sous contrôle. C'est, par exemple, le cas pour les flocons de pommes de terre, le lait en poudre, la farine... Mais aussi les oignons, la sauce tomate et une foule de produits qui entrent dans la compositions des plats « cuisinés » façon industrielle.

Au fil des générations et des passages aux caisses des supermarchés, nous avons perdu la notion du véritable goût des aliments. Tout ce que nous mangeons est manipulé ; trop salé, trop sucré ou les deux à la fois. C'est le cas du pain, mais aussi des 9/10 ème des produits transformés que nous entassons dans les caddies.

Au fil du temps nous sommes devenus plus ou moins accros à toute la panoplie d'additifs utilisés pour corriger, masquer, détourner, exhausser les goûts et les saveurs afin de rendre plus séduisant ces « reconstructions alimentaires » qui ne l'étaient pas a priori.

Il s'agit donc bien d'une rééducation du goût qu'il faut mettre en place.

Une rééducation qui passe par des sevrages concernant le sel et le sucre et par un apprentissage visant à retrouver et à apprécier les saveurs naturelles qui se trouvent masquées - retrouver le vrai goût des aliments.

Un sevrage qui peut durer plusieurs mois, une redécouverte de sensations probablement encore plus longue, qui devra être accompagnée d'une formation à la consommation et à la cuisine pour ne pas retomber dans ces dépendances nuisibles à la santé, tant physique que mentale.

Il n'y a manifestement pas que le tabac et l'alcool qui soient nocifs pour la santé.

Gub





1Première dans le mesure ou les avis des scientifiques diffèrent en ce qui concerne la sensibilisation aux goûts et aux odeurs du fœtus in utéro.

2Pierre MENETON – Le Sel – un tueur caché – Pages 25 et 26 Éditions : FAVRE novembre 2008

29/05/2009

L'ellipse (cinquième et dernière partie)

 

Il avait faim. Une vraie bonne faim matinale de bonne santé et de bonne journée qui s’annonce paisible et radieuse.

Le café de la place venait d’ouvrir et il s’installa en terrasse sous le figuier.

Il commanda un café. Comment dit-on brioche en anglais ? Il dessina une brioche sur le napperon en papier. Le patron acquiesça d’un air entendu et il le vit s'en aller. Le café était bon, la brioche légère et chaude et le soleil déjà haut au-dessus de l’horizon.

C’était finalement très excitant de ne rien comprendre et de ne pas même connaître le nom de l’île sur laquelle il venait d'échouer. Personne ne peut croire une chose pareille et pourtant…

Il avait décidé de changer de vie et il ne savait pas trop comment s’y prendre. Pour l'instant l'épreuve ne lui semblait pas insurmontable. Il suffisait sans doute de se laisser porter.

Changer de vie, refaire sa vie, prendre un nouveau départ, tout recommencer à zéro, autant d'expressions vides de sens qui sont autant de vœux pieux.

Il pensait avoir en mains tous les atouts pour réussir dans cette entreprise, car personne ici ne semblait faire attention à lui. Il était un touriste ordinaire, une forme de citadin jouisseur en rupture de ban et à la recherche de calme et d’authenticité.

Cette image qu’il imaginait donner devrait être amplement suffisante pour satisfaire la curiosité de ces insulaires qui, s’ils connaissaient l'âpreté de leur vie particulière, savaient bien peu de choses de l'infinie dureté du monde.

Il était temps pour lui de se mettre en quête d’une chambre afin de poser son sac et de prendre une douche. Il avait suffisamment d’argent pour tenir quelque mois et cet exil volontaire lui convenait tout à fait pour l'instant - il est des lieux de relégation beaucoup plus ingrats que celui-ci… Son anglais approximatif s’avéra suffisant pour engager la conversation avec le fils du patron du café. Il apprit qu'il y avait bien un petit hôtel situé face au port et qui disposait de chambres en cette saison. Mais il désirait mener une vie plus discrète, se fondre dans la population. De plus il ne voulait pas laisser son passeport à la réception ainsi qu’il est habituel de le faire dans ce pays.

Finalement un certain DIMITRIU accepta de lui louer une petite maison qui appartenait à l’un de ses cousins qui s’était installé en Crête et qui se trouvait de ce fait inhabitée. S’il acceptait de l’entretenir et de verser un loyer des plus modestes, il pourrait y demeurer aussi longtemps qu’il le souhaiterait. Cet arrangement était inespéré.

La maison était composée d'une grande bâtisse de pierres sèches récemment rehaussée par un étage de béton et de parpaings. C'était une ancienne ferme que le propriétaire transformait peu à peu en gîte pour les touristes. Les pièces étaient spacieuses, propres et chichement meublées. Les murs chaulées et le sol carrelé de tomettes flammées donnaient du caractère à l'ensemble. L'étage, quant à lui, n'était pas terminé et faisait office de réserve pour les matériaux de construction. Le jardin, clos de pierres sèches, était à l'abandon mais les amandiers, les pistachiers et les oliviers étaient magnifiques. Il se promit d'en prendre le plus grand soin. Sur l'arrière de la maison, une treille protégeait une terrasse dallée de marbre blanc. De lourdes grappes noires, un peu trop mûres, pendaient au milieux des feuilles déjà rougies.

Il se préparait à récolter les fruits de son verger pour la troisième année lorsque son voisin, avec lequel il s'était lié d'amitié, vint le chercher par un matin pluvieux, peu avant midi.




  • C'est le téléphone. Je n'ai pas bien compris mais je pense que c'est pour toi.


  • Tu es sûr ?


  • On demande le Français. Tu es bien Français ?


Il se demandait qui pouvait l'avoir retrouvé - sa fille peut-être...

PADÉLIS le précédait et l'invitait à presser le pas.

Il avait les jambes en plomb et le cœur oppressé. Qui pouvait le demander ? Comment avait-on trouvé le numéro de téléphone de son voisin ? Un téléphone qui ne sonnait que trois fois par an tout au plus ; une fois pour la nouvelle année, une fois pour Pâques et une troisième fois en juillet pour son anniversaire.

L'équilibre auquel il était parvenu au fil des années venait de se rompre brutalement. Il transpirait et sa main tremblait en saisissant le combiné.

PADÉLIS, sentant que l'heure était grave, s'éclipsa discrètement.


  • « Allo ! Oui c'est moi... Oui... Je comprends... Oui... Bien... J'ai bien entendu. »


Les herbes sauvages ont rattrapé les pistachier les amandiers et les oliviers. DIMITRIU a finalement renoncé à terminer les travaux. Il a d'autres préoccupations, d'autres priorités.

L'âne est devenu aveugle et la jeune fille en fleur attend son deuxième enfant pour le printemps prochain.

Qui se souvient aujourd'hui sur cette petite île de ce français qui avait subitement disparu comme il était apparu par une belle journée d'automne.

Urbanisme et architecture planplan

 

Peur sur la ville


Je comprends mieux.

Ah ! Les cons de fachos !

Qui demain pourra contenir mon ire qui empire chaque jour ?

Douze balles dans la peau ou mieux encore : la guillotine place du Bouffay.

Patience... Il faudra bien qu'au bout du conte, que tout compte fait, qu'en fin de compte, ils les rendent – les comptes.


J'explique : un film traitant de l'élaboration d'une étude urbanistique commanditée par la ville de Nantes fin des années 90 et deux grands spécialistes reconnus pour animer le débat : un urbaniste et un directeur d'école d'architecture.

Jusque là tout va bien et chacun joue son rôle.

Bourdieu ! C'est qu'on sait se tenir en société dans le petit monde des élites nantaises ! le langage est châtié, les propos convenus et sagement contenus, c'est urbain, gentillet, rien ne dépasse et pas une pucelle ne pourrait trouver le moindre prétexte pour défaillir de confusion. C'est propre, construit, quasiment bétonné... Pour tout dire, c'est confortable et consensuel - la sensualité en moins.

J'ai bien failli me laisser endormir. Je suis généralement « bon public » lorsque je n'ai pas l'intention délibérée d'en découdre. Du moment qu'on me joue du violon sans trop de fausses notes et qu'on me raconte de belles histoires...

Question belles histoires j'étais comblé : la Loire, colonne vertébrale de la ville par la richesse de son histoire - un fleuve qui charrie de la culture, de la poésie, de l'activité.

Ne pas oublier l'histoire ouvrière, si belle, si édifiante, si emblématique d'un passé à jamais révolu. Une histoire dramatique surtout lors de la fermeture des chantiers qui marque la fin de cette période bénie des trente glorieuses.

Impossible d'ignorer plus longtemps le commerce triangulaire et le devoir de mémoire sur fond de repentance – je sais, ça fait mal, mais bon....

Un petit détour par la mixité sociale1; le mélange, la diversité dans la vie, la vie dans la diversité, le métissage – bien, tout très bien....

Il y a même eu un couplet sur la nature qu'il faudrait laisser un peu à l'état de nature. L'éternelle quête du paradis perdu rousseauiste. Un paradis que nous nous ingénions à scénariser, faute de mieux. La tâche est rude car « les gens » n'aimeraient pas les herbes folles. Ça ne ferait pas très propre – l'herbe qui pousse entre les pavés... C'est pour l'instant un problème laissé en jachère, d'autant qu'il ne faut plus utiliser d'herbicide.

Ça tournait bien. Ça tournait rond, et moi je commençais à m'emmerder ferme.

Le micro balladeur se balladait parmi l'assemblée : une question inspirée sur l'importance de la biodiversité dans l'environnement urbain.

La biodiversité... Oui bien sûr, c'est central. L'écologie, les normes environnementales... Nous y travaillons, encore que la biodiversité ne soit pas trop mal représentée. Nous en trouvons des traces significatives dans les espaces verts et la galerie commerciale au rayon des fruits et légumes2.

"Quand la coupe est pleine, la ficelle casse tant va la cruche à l'eau" J'ai donc décidé de me réveiller et de secouer mes neurones anesthésiés par les joyeux oligarques.

La Loire cher monsieur (et j'avais en tête HEIDEGGER et son propos sur l'homme qui « commet » la nature en exigeant d'elle ce pour quoi elle n'est pas faite)

La Loire à Nantes ne se vit plus depuis belle-lurette dans notre inconscient collectif comme symbole historique et source d'activité économique. Les esclaves prennent désormais les transports en commun ou les pistes cyclables et ce fleuve roi est devenu au fil du temps, avec la casse du tissu industriel et la mise en sommeil de l'activité portuaire, beaucoup plus un problème, une préoccupation ou encore une charge, qu'un atout sociologique et économique.

Comme les mariniers, les pêcheurs ligériens se retrouvent peu à peu dans les nécropoles culturelles nostalgiques de la tradition traditionnante. Même les dragueurs de sable sont invités à plus de discrétion.

L'histoire s'est figée là comme ailleurs. (C'est pourquoi il faut en finir avec la postmodernité et accessoirement, avec vous autres, les porteurs de valises.)

La Loire c'est d'abord des problèmes : la pollution, les berges à consolider, les ponts à construire et à entretenir, la salinité de l'estuaire qui augmente, les algues entropiques qui prolifèrent, les cormorans qui pullulent, la crue centennale à venir, la mer qui monte...

Pas de doute, ce fleuve nous emmerde et se trouve en capacité de désespérer plus d'un capitaliste adepte de bonnes affaires. Le court terme dogmatique n'a rien à espérer d'une mécanique aussi sensible et contraignante. Il serait évidemment plus « rentable » de la bétonner une bonne fois pour toutes, quitte à apposer sur le sarcophage une émouvante plaque commémorative en bronze - comme nous savons si bien le faire.

Mais la Loire n'est pas ici le problème central. Je la connais bien ; je suis pour ainsi dire né dedans.

Je sais que c'est une grande fille qui en a vu d'autres et qui, lorsque le moment sera venu pour elle, saura secouer les chaines qui l'entravent.

Le problème est bien la conception dictatoriale de la philosophie politique qui sous-tend l'action de mes duettistes labellisés par la municipalité socialiste3. Lorsque j'ai posé la question qui tue concernant cette conception, j'ai senti une petite agressivité du genre : qu'est-ce qu'il vient me faire chier ce soixanthuitard avec sa politique et sa philo de merde.

Du coup, ils se sont bien gardé de répondre. Ce sont aussi des professionnels de la communication.

Sous couvert de démocratie participative, à grands coups de réunions avec les associations locales, au nom de la citoyenneté et de toute la bouillie politico-sémantique dont nous sommes abreuvés depuis des années, ils s'imposent, martèlent et imposent leur vision du monde. Le numéro est au point, éprouvé, bien huilé – éprouvant. Il n'est pas question d'évoquer ce qui ne fait pas consensus - au hasard : les opérations immobilières, les petits arrangements entre potes, le prix du mètre carré habitable, la stratégie de communication, le retour espéré en terme d'électeurs...

En d'autres termes, il n'est pas question d'informer le petit peuple moutonnier des options philosophiques et politiques qui guident les prises de position. Il faut admettre à leur décharge, qu'ils ont toutes les bonnes et les mauvaises raisons de se méfier lorsqu'on se souvient que le peuple en question est capable, dans un accès de folie collective, de préférer LE PEN à JOSPIN.

Le parler creux fut donc une fois encore à l'honneur.

  • La mixité sociale : un impératif pour que la ville soit vivable. Certes il s'agit bien en l'occurrence d'une mixité à 140 000 euros le type 2 avec implantation de la maison des avocats, de l'école d'architecture, du siège d'un journal régional et de quelques entreprises innovantes comme il se doit. Mais un harmonieux mélange cependant, même si nous restons un peu entre-nous, car il y a du logement social (si, y'en a un peu et depuis longtemps ! ).

  • Le débat citoyen : un impératif démocratique et républicain -.que dire de plus ?


Traduit en langage LQR4cela signifie qu'on s'en occupe et que nous sommes prêts à faire le plus de bruit possible pour le faire savoir. Cependant, au nom du principe de réalité, on ne peut pas ignorer les contraintes économiques et il n'est pas question d'inviter trop de chômeurs ou de cas sociaux dans un quartier qui a pour vocation à devenir le nouveau centre-ville de Nantes - une nouvelle vitrine séduisante et propre à convaincre les entrepreneurs à venir s'y installer.

Pourquoi ne pas installer un camp manouche tant que nous y sommes ! - déjà qu'on ne parvient pas à virer les mendiants du centre-ville historique. Certes nous sommes de gauche, mais d'une gauche progressiste et libérale – nuance !!!.5

Peut importe au demeurant car l'urgence est de faire, de tout faire, pour empêcher coûte que coûte le laisser-faire qui a produit tant de villas « Sam suffit »

C'est précisément là que se situe le problème.

Jadis (et ce jadis n'est pas si lointain) le peuple, cet entrepreneur spontané du quotidien, avec, et souvent aussi à côté des spécialistes, construisait son environnement au plus près de ses aspirations et en fonction de ses moyens.

L'ouvrier érigeait sa bicoque avec ses copains pour y installer sa famille, le bourgeois faisait construire sa villa en bordure des grands boulevards et les techniciens étaient parfois sollicités pour leurs conseils avisés.

Alors bien sûr, en fonction des aléas économique des « nids à rats » (qui n'étaient pas encore désignés comme des bidonvilles) sont apparus6ici et là. Et puis il y avait eu la guerre et ses destructions massives. Nous connaissons la suite : les citées d'urgence, les grands ensembles HLM...


  • « Ce monde là est révolu, cher monsieur. » (sic)


Oui, je sais. Toutefois il ne suffit pas de le dire et de le redire pour que ça devienne effectivement une réalité.

Mais alors... Si ce monde a effectivement disparu (admettons). Par quoi a-t-il été remplacé ?

Si l'organisation du monde nouveau ne peut être organisé que par les seuls spécialistes habilités à le faire, n'y-a-t-il pas, au bout du conte, tout compte fait, en fin de compte, l'expression du totalitarisme le plus brutal ?

Le Baron Haussman avait au moins le mérite d'assumer ses choix : de larges avenues bien rectilignes prévues pour aligner trois canons de campagne afin de calmer les gueux qui auraient de vilaines idées collectivistes. Nous avons évolué : hélicoptères, caméras de surveillance, vigiles, portiques, puces électronique et surtout, le plus efficace : l'organisation sociale calquée sur l'organisation du travail avec la peur de l'autre et la bien pensance pour vaseline. 

Je comprends mieux comment cette société délétère parvient malgré tout à se maintenir en place. Il suffit que les urbanistes et les architectes participent activement, avec les autres pouvoirs financiers et institutionnalisés, au triage socio-économico-culturel de notre désormais dissociété :

  • de telle rue à tel boulevard les bobos,

  • plus loin, les cadres moyens supérieurs,

  • plus loin encore, les salariés et petits fonctionnaires,

  • tout à l'autre bout, les intérimaires, les précaires et autres chômeurs.

  • Ici et là des espaces publics de convivialité – verts de préférence.


Être architecte, c'est aussi savoir créer du vide et du non signifiant. Depuis plus de trente ans ils grattent les vieux plans – qu'est-ce que tu t'emmerde coco ; un escalier sera toujours un escalier. . Ils sacrifient aux modes et ne rêvent que de dupliquer les modèles éprouvés. Ils courent après le train d'une histoire qui s'est arrêtée depuis 70 ans.

Eux aussi sont morts et personne n'a encore eu le courage de leur dire.

  • Sans volonté de transgression il ne reste que le discours idéologique

Avec la catégorisation sociale, quartier par quartier, rue par rue, ne pas assurer le contrôle social relèverait sans aucun doute de l'incompétence politique la plus condamnable.


C'est sûr, les duettistes ne seront jamais mes potes.


Gub

1Le thème préféré de Jean-marc.

2Ce n'est pas la réponse donnée mais j'ai une surprenante capacité à entrer dans les têtes, fussent-elles à-moitié vides

3OK, en relisant je réalise que c'est bien alambiqué mon affaire. Tant pis, il suffit de tout bien mettre à plat sur la table pour s'y retrouver...

4La Lingua Quintae Respublica – Eric Hazan – LQR La propagande au quotidien – Editions : Raisons d'agir 2006

5Il faut dire que Nantes est une ville particulièrement bien lotie en termes d'équipements sociaux. Le peuple de la marge semble en être conscient et n'hésite pas à investir les lieux, au grand dam des petits retraités, des grands bourgeois et des tenants de la politique ultra-sécuritaire sarkosyste. Je n'ose même pas imaginer la philosophie politique qui est à l'œuvre à Toulon ou à Versailles.

6Le « Marchis » à Nantes.

26/05/2009

L'ellipse (quatrième partie)

 

Déjà le soleil dardait ses derniers rayons. Dans un ultime défi, il s’ingéniait à parer l’horizon de pourpre et d’or.

Vraiment, même si tous les couchers de soleil se ressemblent un peu (sauf dans certaines régions nordiques et industrieuses où, il faut bien en convenir, le soleil est parfois si discret qu'on en oublie son existence) c’est toujours chouette et ça mérite une série de photos numériques pour classer dans le dossier « couchers de soleil ».

C’est fou l’effet que l’évocation de tant de beauté peut produire sur moi. Vous avez remarqué le style ? Il n’y a pas à dire, ça m'inspire, ça me titille le nerf optique et poétique. Pas de doute ; ça me stimule bien la métaphore et l’hémistiche.


Dans son autre vie de fureur sauvage et de cavernes empilées (car vous aurez compris que notre héros vient d'un ailleurs qui est familier à la grande majorité laborieuse) :

  • les scintillements, les néons, le béton, les lampes au sodium, les façades de verre, l'acier, l'inox, le chrome, la résine, les hydrocarbures, les parkings, les écrans, le bruit mécanique...



Était-ce bien une vie ?


  • Le cul collé au fauteuil

  • accélération,

  • la musique débridée

  • vibrations,

  • l'amour sous tension

  • copulation,

  • dossiers ficelés

  • compétition,



  • horaires élastiques

  • promotion,

  • émotions paramétrées

  • télévision

  • carte de paiement

  • consommation,

  • tranxène

  • dépression,

  • du temps pour les mômes,

  • démission

  • du temps pour aimer

  • vie de con...


Hystériiiiiiiiiiiiiiiiie !


Je serai mort vingt fois sans même m'en rendre compte - et cette illusion d'avoir vécu;- mensonge insupportable .

Tu sais coco, courir après son cul ne sert définitivement à rien.

Je sais... J'ai mis le temps à comprendre, mais maintenant je sais...



Finalement mon héros en devenir a dormi à la belle étoile. Je devrais dire, pour utiliser une métaphore poétique : sous l'immense couette de la voie lactée - une émotion interdite aux citadins…

Pourquoi cette tension dès son réveil ? Rien ne semblait devoir justifier ce mal-être qui l’oppressait subitement. Une odeur, une construction soudain familière, un signe connu de lui seul, suffisait à lui infliger cette brûlure fugace. Qu’avait-il à gagner et à perdre aujourd’hui ? Rien, assurément rien : pas vraiment d'amis, une sœur maniaque et dépressive qui se dessèche lentement dans un petit pavillon poussiéreux - quelque part en région parisienne, quelques oncles et tantes tous plus rances les uns que les autres, quelques relations aimables, plus ou moins distantes, plus ou moins fiables, des habitudes, des routines, des manies, des circuits, du quotidien, du futile, du pulsionnel, du dérisoire, quelques missives extrêmement importantes incluses au milieu des strates publicitaires, quelques livres qu'il aimait savoir près de lui mais qu'il n'ouvrirait certainement jamais, des femmes indifférentes ou bienveillantes, odorantes et volatiles, quelques silhouettes familières, des sons, des odeurs, la baguette croustillante et le café du petit déjeuner, et du tout venant qui, vaille que vaille, ambitionne de remplir le quotidien – agrémenter une toute petite vie - sans importance aucune.

Cette liberté insolente le laissait misérable et désemparé - pas vraiment l'habitude. Ne pas savoir où se diriger, ne pas avoir d’agenda, être soumis à sa seule volonté, avoir du temps à perdre. Il devait apprendre à comprendre tout cela.

Finalement, la liberté, comme la connaissance, est aussi une malédiction…

La nuit passée dans l’abri précaire d’une grange en ruine, fut finalement meilleure qu’il ne l’aurait pensé.



C’est à peine si, au petit matin, la fraîcheur de l’aube l’avait engourdi. L’île se révélait à ses pieds, lumineuse et tremblante. La mer, circulaire, lui envoyait ses pixels scintillants et ses effluves maternelles. Les rayons du soleil lui caressaient maintenant les épaules et le chargeaient d’une merveilleuse énergie.

Qui pourrait le retrouver ici ? Qui pourrait se douter qu'il se trouvait sur ce minuscule petit bout du bout du monde dont il ignorait tout ?

Ces dernières années avaient été d’une dureté implacable pour lui. C'est toujours lorsqu'on s'y attend le moins... La vie s'inscrit toujours dans l'imprévisibilité. Pourtant tout avait commencé tranquillement : une petite annonce dans une revue pour commerciaux en recherche d’emploi, un entretien d’embauche plutôt détendu, suivi d'un poste de porteur de valise itinérant pour la société « JÉRÉMY »

Son travail était simple. Il devait déposer des valises métalliques (toujours le même modèle) en des lieux précis notés sur un petit carnet qu'il trouvait dans sa boite aux lettres chaque premier lundi du mois.

Chaque mois, un nouveau quartier ou une nouvelle ville.

Plutôt étrange comme mission. Un travail idéal pour lui qui avait définitivement renoncé à attendre quoique ce soit d'autre qu'un salaire d'un travail salarié. Bien sûr, il n'était pas tombé de la dernière pluie. Il se doutait bien que cette activité n'était pas très légale, ni très honnête. Mais encore une fois, c'était bien rémunéré et sans prise de tête pour qui ne voulait pas se poser de questions. Ça tombait bien, il ne voulait surtout pas s'en poser - faire ça ou peindre des nains de jardin…

Bon an mal an, il avait une vie acceptable pour un célibataire. Il voyageait un peu partout en Europe et se trouvait en congés payés durant une bonne moitié de l'année.

Seulement voilà, la vie est ainsi faite : on pousse une porte un jour par erreur, on se rend compte de sa méprise, on voudrait bien revenir en arrière, mais il est déjà trop tard, on a jeté un œil et on a vu quelque chose d'incongru, de décalé - quelque chose qu'on ne devait pas voir. Alors, il avait refermé doucement la porte et, sans rien changer à ses habitudes, il avait continué son travail.

C'est peu après cet incident que la mécanique s'est grippée. Pour commencer, il se fit voler la fameuse mallette mystérieuse ainsi que son carnet à la suite d'une agression particulièrement violente. À peine remis sur pieds, il se rendit compte qu'il était suivit à toute heure du jour et de la nuit par deux hommes qui se relayaient pour mieux lui coller aux basques. Enfin, un soir en rentrant chez lui, il découvrit une liasse de billets dans sa boite aux lettres. Cette somme relativement importante était accompagnée d'une lettre sibylline lui précisant qu'il était licencié et qu'il s'agissait du solde pour tout compte. Il y avait aussi un téléphone portable qui se mit à sonner avant même qu'il ne puisse s'en saisir. Il prit la communication et son correspondant lui expliqua qu'il devrait songer à disparaître au plus vite. Ce fut lorsqu'il découvrit son appartement entièrement dévasté qu'il prit la décision de s'en aller sans laisser d'adresse.


25/05/2009

l'ellipse (troisième partie)


Il avait pris un bateau au PIRÉE. Enfin c’est ce qu’on fini par faire habituellement, lorsqu’on vient d'Athènes et qu'on longe, désœuvré, les quais où s’impatientent les ferries.

Un lieu mythologique aux relents de soufre et d'hydrocarbure. Un port pas vraiment remarquable et même parfois franchement hideux – métaphore elliptique où départs et arrivées se confondent.

Personne ne peut dire qui, du PIRÉE ou d'ATHÈNES, est la banlieue de l'autre.

Une banlieue d'éternel transit où déferlent nuit et jour de longues vagues populeuses qui vont et viennent et se dissolvent dans les lacis des ruelles.

Une ultime station de métro, une escale transitoire, poussiéreuse et poissée de sel ou d'acide -; pollution chimique ou urbaine - pollutions pour mieux contraindre au départ ; senteurs de poulpes grillées contre relents de brochettes d'agneau.

À l'un des deux bouts : un bras de mer plutôt sage qui lèche les quais et qui ne revendique rien d'autre que sa seule présence. À l'autre, les vestiges érodés d'ancienne citée et les pistes sèches et bruyantes d'un aéroport.


On débarque toujours au PIRÉE pour y embarquer, avec, dans un coin de la tête, le vague projet de revenir un jour... Parfois... Pas toujours.

Il avait donc embarqué au PIRÉE.

Il serait plus juste de dire :

« un bateau amarré le long des docks l’avait invité et il n'avait pas eu l'idée de résister. » 

Il s'en était allé pour une île des Cyclades, un aller simple en poche.

Ce n'était pas ÉGINE ni MYKONOS ni une autre de ces îles mythiques qui font la couverture des dépliants touristiques. C'était un petit confetti situé au milieu de la méditerranée et qu’il avait désigné du doigt sur un dépliant. Il n'avait pas vraiment pris la peine de choisir. Il n'en connaissait véritablement aucune et peu lui importait la destination.

En l'occurrence, c'est l'imminence du départ du bateau qui avait été déterminante.

Voilà, pour quelques euros, il naviguait maintenant sur ce vaillant rafiot hors d'âge vers une destination qu’il imaginait radieuse et paisible.

Une urgence doublée d'un rêve de môme fugueur et téméraire qui pense pouvoir tout laisser derrière lui pour tenter de vivre enfin libre et profiter d'un petit coin de paradis perdu - un non-lieu pour se retrouver enfin, nu et étonné, face à ses rêves, en espérant désespérément en construire de nouveaux - de plus beaux bien sûr...

Pour l'instant il n'y avait rien d'exceptionnel dans sa nouvelle réalité : la mer était calme et les passagers, peu nombreux en cette période automnale, rejoignaient leur île en se racontant leur escapade sur le continent.

Le vent frais et sage lui fouettait le visage et l’arrivée au port s'avéra plus excitante que bouleversante. Une arrivée semblable à toutes les arrivées dans ces petits havres intemporels à peine esquissés.

Sans surprise aucune, flottaient des odeurs marines de vieux filets poissés de poissons, de gasoil, de graisse mécanique chauffée au soleil, d'antique goudron craquelé et d’autres, plus poignantes encore, de parfums des dimanches des passagers en visite.

Il était là maintenant, un peu groggy, le pas incertain, étonné par la stabilité du sol.

Il aurait dû logiquement se diriger vers l’unique café et s’attabler à la terrasse à l’ombre du figuier.

Il aurait dû, mais il a préféré marcher un peu et prendre la petite route à peine bitumée qui monte vers le ciel.

Le village est si petit, si tassé, si lové entre sa falaise et la mer, qu’il ne lui a pas fallu plus d’un quart d’heure pour qu’il disparaisse et que le vent libéré ne vienne le provoquer en invitant son chapeau.

Il n’avait pas soif, ni faim, ni chaud, ni quoique ce soit de désagréable.

Même son pied droit qui le faisait un peu souffrir de temps à autre le laissait tranquille.

Non vraiment, il était bien.

Il ne se souvenait pas avoir jamais été aussi bien - ou alors peut-être en ses vertes années, lorsqu’il avait à peine vingt ans et qu’il se consumait d'amour pour Sylvie.

Il y a si longtemps…

Sylvie ; il pensait l’avoir oubliée - une estafilade reléguée au fond de sa mémoire.

L’île était merveilleusement convenue : petites maisons frileuses et solidaires, triomphants abris de soleil et de vent aux volets écaillés de bleu délavé, riantes forteresses improbables, pressées les unes contre les autres et parées pour affronter le temps qui passe, les embruns floconneux des tempêtes, le soleil de plume et de plomb ainsi que quelques pirates d'opérette - touristes pixélisés égarés...

Une terre de roches blanches veinées d’ocre et de pourpre qui plonge dans la mer avec, vers le couchant, les taches verticales de blancheur de lait et d'ombres alternées d'une falaise érodée. Et puis, là haut, les lignes blanches des murets de pierres sèches et celles, rouges et ors, des vignes qui croulent sur les collines, ponctuées ça et là par les points d'exclamation des ifs et des cyprès. Et puis encore, quelques hommes burinés, généreux et économes comme il se doit. Des hommes bien éduqués, qui connaissent le sens des choses et qui s'affairent en silence et sans hâte, accrochés à leur terre de misère et de joie. Ils sont tous très âgés, aussi loin que les jeunes gens se souviennent, ils ont toujours été vieux, Ils sont agaçant avec leurs gestes lents et leur sourire ironique. Ils savent qu'ils ont tout leur temps qui patiente et l'espace infini autour d'eux.


Décidément, on n’oublie jamais rien ni personne ; tout juste parvient-on à laisser derrière soi, un peu en retrait, jamais bien loin... Que venait faire cette Sylvie dans sa nouvelle histoire ? Il en était sûr. Il pourrait la croiser aujourd'hui cent fois sans la reconnaître. Pensez donc ! Il y a si longtemps...

Elle est peut-être devenue grosse avec des lunettes et des cheveux grisonnants... Ce serait émouvant de se retrouver après tant d'années. Ce serait assurément extraordinairement pathétique et ridicule. Sylvie, pas plus que d'autres, n'ont de place désormais dans son univers. Il aurait aimé s'en persuader - entre devoir de mémoire et volonté d'oubli.

Comment effacer les souvenirs d'une vie antérieure ? Les fantômes ne sont-ils pas là pour nous hanter ? Il faut faire avec. « On n'oublie rien de rien. On s'habitue c'est tout » Le grand Jacques avait raison - comme toujours.

Il suivait ses pensées, pas à pas...

Un papillon, une fleur, une jeune fille, une jeune fille fleur, légère comme un papillon.

Un miracle sur cette terre aride...

Un papillon qui guide un âne, un âne qui mange une fleur…

Un autre miracle peut-être.

Le cœur qui se serre, les yeux troublés de larmes - le vent sans doute...


Pourquoi avoir tracé cette route qui ne mène nulle part ?

Pour l’âne peut-être... Et aussi pour le papillon qui le précède en virevoltant au milieu des fleurs. Et la jeune fille ? Elle s'est envolée avec le papillon pendant que l'âne brame en mâchant des chardons.

Au détour du chemin qui s’emmêle vers d’autres détours, il n’y a rien. Un rien fait de parfum de fleurs et de crissements d'élytres. Rien d’autre en somme que l’infinité des émouvants petits riens insignifiants qui s’offrent à lui sans compter.

Il devrait trouver une chambre pour la nuit. Les nuits sont déjà fraîches en cette saison.

C’est sûr, il devrait…


23/05/2009

Claude ALLEGRE m'a dit


La pensée du jour du 23 mai

D'après nos calculs, si tous les chinois tiraient la chasse d'eau en même temps, la mer de chine déborderait.

Si tous les socialistes se donnaient la main, ben ..., ça ne ferait pas une ronde mais une bouillasse informe qui ne ressemblerait à rien du tout.

C'est sûr mon YOYO, ils sont devenus fous.

Gub

22/05/2009

L'ellipse (deuxième partie)


Notre voyageur avait le temps, tout son temps. Il laissait son esprit vagabonder au hasard de ses souvenirs- vivre enfin en paix, apaisé... Il découvrait qu'on ne se débarrasse pas comme ça de ses vieilles habitudes. Il regardait compulsivement sa montre et vérifiait que son agenda se trouvait bien dans sa poche intérieure. Il savait que les pages de la semaine 38 et suivantes étaient vierges - une réalité qui lui provoquait des bouffées d'angoisse.

Il avait beau se persuader que c'était un luxe incroyable d'avoir du temps à soi, il avait du mal à s'y faire et surtout à imaginer qu'il serait désormais le seul maitre de son emploi du temps.

Il extirpa de sa valise la lettre que sa fille lui avait fait parvenir. Une lettre de circonstance qui n'était pas étrangère au fait qu'il soit assis, ce matin, à la terrasse d'un café. Une lettre qu'il avait dû lire et relire au moins vingt fois


Cher papa,


Je n'ai pas bien compris la raison de ton départ précipité mais, te connaissant, elle ne peut être que bonne et légitime. Tu m'en diras peut-être plus prochainement.

En attendant je te fais parvenir un peu de lecture pour agrémenter ton escapade.

C’est l'une des deux histoires grecques que je tiens à te raconter pour que tu puisse te mettre dans l'ambiance. Je l’ai trouvé si particulière ! Je sais qu'elle va te plaire.

J’ignore si le héros se nomme réellement CHRISTO, ni même si ce drame c’est produit au PIRÉE. Peu importe car cette étrange histoire est bien grecque.

CHRISTO est devenu, certainement bien malgré lui, un assassin légendaire. On raconte qu'il a tué trois hommes avec son couteau. Des hommes qui voulaient lui voler une danse.

Il a eu les honneurs de la presse et a effectué plus de vingt ans de prison. On dit qu’il serait libre aujourd’hui mais personne ne sait exactement où il se trouve ni qui il est vraiment. Certains prétendent qu’il n’existerait que dans l’imaginaire du peuple grec.


Bonne lecture et bon voyage

Ta fille qui t'aime.


Ça commence comme ça.


Dans la douceur d’un soir étoilé...

Il faut savoir ce qu’est la douceur d’un soir étoilé en Grèce.

Je disais donc : dans la douceur d’un soir étoilé en Grèce, des musiciens jouent des airs anciens.

Une guitare, un tambourin, un bouzouki, une clarinette et une voix grave de barbe bleutée, un peu rauque, une de ces voix qui vous râpe le cœur avec délice.

Penchez maintenant légèrement la tête en arrière en fermant les yeux.

Souvenez-vous, la scène se passe dans la douceur d’un soir étoilé.

La mer est lourde de reflets irisés qui viennent s’alanguir sur les galets de béton, sans bruit. À peine le soupir d’un clapotis, à intervalles réguliers.

Le charbon de bois des poulpes grillés s’obstine à rougeoyer dans sa barbe grise et mêle ses volutes légères à celles des cigarettes des hommes.

Quelques femmes un peu trop fardées, pas vraiment belles, pas vraiment jeunes, attendent, hautaines, une invitation maladroite qui ne saurait tarder.

Au loin la raffinerie effrontée s’invite dans son noël de lumières bleutées et ses encens de soufre.

Dans cette douceur d’un soir étoilé, CHRISTO s’est discrètement approché du chanteur et, dans le creux de son oreille de musicien, comme un enfant confesse un péché véniel, il lui a passé commande.

Il a un peu bu mais pas trop et ses reins brisés maintenant échauffés le laissent libre de ses mouvements. Il se sent bien comme un samedi soir lorsqu’on réalise, avec un sursaut au cœur, et pour la dixième fois peut-être, que le lundi est férié.

Samedi, dimanche et lundi ; trois jours de promesses, pour jouir de la vie, de soi, du temps qui se laissera enfin faire comme une fille impudique qui rit trop fort.

Le temps est parfois dispendieux ; il ne perd rien pour attendre et sait prendre son temps.

Deux nuits d’insouciances pas mêmes coupables.

Deux nuits à flâner presque au hasard selon un circuit immuable. à goûter aux lumières des terrasses parfumées d’orangers et à l’excitation des ombres de promesses épicées.

Trois matins de draps froissés baignés de soleil avec peut-être, avec un peu de chance, l’invitation légère et généreuse de seins de lait et la caresse brûlante d’un ventre furtif pour se perdre encore et encore...

Trois jours entiers, semblables à ce que pourrait être la vie sans ces soirs de tristesse qui vous serrent la ceinture. Trois jours pleins pour des années de matins fatigués et glauques qui vous aspirent vers ce lieu sans joie aucune qui vous brise les rêves aussi sûrement que la hache fend le bois.

CHRISTO danse seul maintenant devant les musiciens. Il danse en étirant ses muscles détendus, le dos cambré, les mains exigeantes et souples. Il danse enveloppé de sa musique. Son beau visage, si sérieux, si sévère, tourné vers le ciel d’étoiles complices, est creusé d’ombres farouches.

C’est sa chanson et sa danse que les musiciens lui offrent en s’appliquant.

Ce sont des paysans exilés comme lui. Petits géants à chaux et à sable, écrasés dans l’étroitesse étouffante de la trop grande ville.Des exilés chassés de leur terre devenue soudain trop petite et trop dure par un Dieu impitoyable de déraison.

Qui peut imaginer qu’ils pleurent parfois dans le secret de leurs chambres d’infamie ?

Des larmes rentrées à la gloire de l’argent scintillant des oliviers délaissés et du chant du vent dans les murets de pierres sèches. Ils se connaissent si bien. Ils sont du même monde éternel et ils savent l’extrême importance du rituel engagé.

CHRISTO est maintenant sur la place de son village. Un soir de fête - peut-être le soir de la fête de St Nectaire.

Il est là-bas sur son petit rocher blanc de peine et de pure beauté, perdu dans les Cyclades, si loin du PIRÉE - à des années de lumières éclatantes.

Il est près de MARINA qui bat des mains en riant pour accompagner sa danse.

La musique et le rire de MARINA l’accompagnent dans son vœu de solitude contrainte et ses pieds légers frappent en mesure le béton craquelé.

Le reste, tout le reste, coule ce soir joyeusement dans ses veines.

Ils jouent bien comme dans son souvenir de fête ; le bouzouki surtout qui lui vibre la peau et l’âme.

De belles images avec du bleu, des parfums de femmes, des airs de lundi de pâque, du blanc de lait de chaux, des chants d’oiseaux et des transparences sublimes qui remontent douloureusement en lui, sans cesse et sans cesse - toujours plus haut dans les étoiles !


  • Que fais-tu là ?


La question jaillit, brutale et insolente comme le poing de colère qui s’abat sur la table.

Le temps, les sons et les gestes se sont recroquevillés et attendent la suite de cette histoire qui se noue entre les deux hommes.


  • Tu le vois bien... Je danse...


  • Pousse-toi de là, sale paysan !


CHRISTO n’ose pas encore affronter ces mots aux aguets, enchaînés les uns aux autres. Des mots coupant comme des rasoirs et qui rongent leur frein.


  • C’est ma danse, tu le sais bien. C'est ma danse, elle est à moi ! Pourquoi veux-tu me voler ma danse ?


  • Je ne vole rien, imbécile ! Je me sers, je suis policier et toi tu n’es qu’un paysan cracheur de noyaux d’olives qui va retourner d’où il vient !


Il sourit. Il a les dents jaunes de nicotine et deux ou trois gros poils noirs qui sortent de sa narine gauche. Il a bu, peut-être un peu trop...

MARINA ne rit plus en battant des mains, les étoiles se sont enfuies et le monde est devenu plat et rouge.

La raffinerie obscène s’est rapprochée et ses lumières crues se trouvent maintenant engluées dans le noir de suie.

CHRISTO a un peu bu aussi mais pas trop. Ses muscles sont à nouveau tendus et ses reins brûlent sous sa belle chemise de lavande. Dans sa poche, le couteau pèse sur sa cuisse.

Il est maintenant au moulin. On y presse les olives. Le vent a fraîchi et les ailes font d’inquiétants moulinets. MARINA l’attend là-bas en pleurant derrière le muret de pierres sèches. Il a faim et il mange à pleines dents son quignon de pain sec sur lequel il a étalé avec son couteau une épaisse couche de purée d’olives,.

MARINA n’en saura jamais rien là-bas au village, ni MARINA ni personne.


  • « Jouez ! Continuez à jouer que je finisse ma danse ! N’ayez crainte, je fais bien attention, je ne marcherai pas dans le sang de cet imbécile qui est mort en homme, malgré tout. »


20/05/2009

L'ellipse (première partie)

Une nouvelle en plusieurs épisodes pour ce long weekend de l'ascension. 

Bonne lecture 

Gub 

L'ellipse.


Il avait pris le métro à la sortie de l'aéroport.

Il faisait déjà chaud et les rayons obliques du soleil automnal lui jetaient du sable dans les yeux. Une fois de plus il avait oublié ses lunettes de soleil - sans doute dans l'avion.

Sa valise encombrait le couloir du wagon. Il aurait pu la ranger un peu plus loin, près de la porte de sortie, mais il voulait la garder près de lui.

Il transpirait et avait ce regard caractéristique de l'animal apeuré, marqué par cette ride verticale qui lui creusait le front, juste entre les sourcils. Il observait le plan avec trop d'insistance. Il était, bien malgré lui, trop attentif, trop particulier, trop empressé de s'effacer devant les autres et de s'excuser pour la gène provoquée par sa valise. Il ne se faisait aucune illusion ; tout en lui indiquait qu'il était un étranger loin de sa base ...

Le PIRÉE..., le terminus de la ligne - et pour cause ! Au bout des rails : le port, les bateaux, la mer..., au bout des rails, un bout du monde.

Une petite place rectangulaire sèche et triste avec, sur un côté, la terrasse d'un café encore à l'ombre d'une façade de béton gris. Les parasols sont déjà ouverts au-dessus des tables basses un peu défraichies ; de lourds canapés en simili-cuir, quelques clients - essentiellement des hommes. Certains jouent aux cartes en fumant des cigarettes. D'autres se contentent de lire le journal ou laissent aller leur regard au gré de leur fantaisie – essentiellement des habitués.

Et puis maintenant il y a lui, avec sa grosse valise à roulettes et son mouchoir en papier roulé en boule pour s'éponger le front.

Voilà, il est assis, une tasse de café et un verre d'eau fraiche devant lui, la tête déjà ailleurs, le cœur et le corps au repos. Une petite mendiante complète le tableau. Elle est apparue comme ça, sans déranger quoique ce soit - tombée du ciel

Dix ans pas plus dans sa robe de volants multicolores. Petite ombre si fragile, jetée là, sous la pluie de soleil. Bout de femme fière et timide qui trottine sur les dalles de ciment.

Elle s’approche furtive de la terrasse, bousculant de ses pieds légers quelques pigeons insolents.

La lumière oblique transperce les voiles acides et joue en vibrant dans les volutes bleutées des cigarettes.

Le temps fuyant a décidé de marquer une pause, un peu fébrile et léger, à l’ombre contestée de la grande façade grise.

La petite albanaise se protège derrière une claustra de lauriers en fleurs, hors de portée des moustaches des princes indolents.

Elle sort une flûte et commence à jouer. C’est une façon de parler, elle ne joue pas vraiment.

Elle ne fait pas semblant non plus. Elle souffle dans sa flûte et jette à la cantonade des sons improbables. C’est un peu n’importe quoi, il faut bien en convenir. Personne n’a pris le temps de lui apprendre.

Des notes qui dénotent, qui se bousculent et s’écorchent en s’échappant pêle-mêle du roseau de plastique fabriqué en Chine par de plus petits qu’elle. Des sons pressés d’en finir, sans discipline aucune, lancés à la va comme je te souffle.

Les yeux graves de la petite fille obstinée et ses balancements retenus témoignent de son application et de l’importance que revêt pour elle cet étrange rituel.

Elle ne sait sans doute pas faire grand-chose d’autre.

On lui a dit « Tu n’as qu’à jouer de la flûte »

Alors elle a dit « qu’on dirait quelle serait musicienne » et depuis elle joue, toute entière concentrée sur sa tache.

Que pouvons-nous raisonnablement exiger d’un moineau ? Sinon qu’il nous émeuve dans un battement d'ailes.

Elle souffle dans sa flûte, le regard buté, fermée au monde et Jean Pierre RAMPAL n’est pas son cousin. C’est le souffle ténu de sa vie qui ne tient qu’à un cheveu d’or pur qu’elle répand ainsi doucement. Puis la flûte disparaît dans les plis de sa robe et elle tend sa petite main, un peu sur le retrait, prête à fuir à la moindre alerte.

Un peu plus tard YOUSSEF vient proposer ses C.D. piratés.

Lui aussi tente de vivre tant mal que moins mal avec la musique pour prétexte.

YOUSSEF apparaît toujours après la petite albanaise, c’est normal, c’est une question d’étiquette, les enfants sont rois et lui n’est qu’un prince déchu.

Il est aussi noir de peau que la frimousse de la petite albanaise est pâle. Il est décalé, incongru, mais tellement tendance sur fond de mondialisation et de marbre blanc avec ses logs et son baggie.

YOUSSEF n’est assurément pas orthodoxe et même probablement un peu musulman. Il ne craint pas les moustaches des princes indolents pas plus d’ailleurs que les remontrances des tenanciers de bars. Pas de temps à perdre : il s’impose, propose, oui..., non...., un sourire, un coup d’épaule pour remonter la lanière du sac puis il disparaît - quinze secondes pas plus...

Son Afrique est tellement noire de misère et de guerre qu’il a fini par se sauver. C’est maintenant un réfugié politique, économique, climatique et famélique qui n’a pas retrouvé encore une identité et de réel refuge.

YOUSSEF joue à merveille son rôle de noir. C’est un musicien pirate qui écume les standards et perce les tubes. On murmure que plus d’une major compagnie a mis sa tête de nègre à prix.

YOUSSEF s’en fiche, persuadé que sa tête ne peut pas réellement intéresser un chasseur de prime.

YOUSSEF est très gentil et très aimable. Il sourit de toutes ses dents blanches comme seuls savent sourire les bons noirs.

Vous savez bien ! Ces nègres qui ont le sens du rythme dans la peau et toujours une bonne blague à raconter.

Il sait d’instinct comment survivre au pays des blancs. Être réfugié noir au PIRÉE est aussi compliqué qu’être albanais ou tzigane.

Pourtant, être étranger en Grèce relève d’une tradition fort ancienne. Mais qui s’en souvient aujourd’hui ? Qui peut se dire athénien ?

Ne lui demandez pas comment il a échoué ici. Quel émigré peut expliquer le flux migratoire ?

C’est tellement compliqué qu’il a oublié une bonne moitié de son histoire et tordu l’autre pour la rendre possible. Il a voyagé pendant des mois au fond des cales des cargos, dans des caisses, dans des camions, en train, à pieds, en voiture...

Il n’a pas vu grand-chose durant son périple et ses souvenirs de gas-oil, de roulis, de sandwichs caoutchouteux, de mal au cœur, de soif, de froid, de jambes tremblantes et de peur lancinante hantent toujours ses nuits.

Il ne sait plus très bien pourquoi il est là, à errer dans les rues du PIRÉE.

Il est définitivement en transit dans un monde transitoire.

Il vend ses vilains C.D. empilés dans sa musette de grosse toile kaki.

Il n'a pas le choix. Il sait qu’il doit encore de l’argent au passeur, au trafiquant de standards numériques, à sa famille, à un ou deux flics, à deux ou trois copains d'infortune - autant dire au monde entier.

Ce n’est pas simple d’être noir au pays de PLATON, mais YOUSSEF a compris depuis bien longtemps déjà que de toute façon, ça ne sera jamais simple pour lui et ses frères - pas plus ici qu’ailleurs.

Pourquoi les noirs sont-ils tous des pirates en Grèce ?

Même les princes indolents qui lézardent aux terrasses n’en savent rien. La question ne se pause sans doute pas, et puis un monde sans pirate serait si terne…

Pour la petite albanaise c’est la flûte. Pour YOUSSEF ce sont les mauvaises copies de C.D.

C’est très bien ainsi. La vie s’écoule, bien rangée, dans les grandes villes poussiéreuses, lorsqu’il fait beau, comme il fait beau ici, un après-midi de printemps déjà chaud, et que la lumière oblique transperce les voiles acides et joue dans les volutes bleutées des cigarettes.


18/05/2009

Le ballon captif





À la réflexion, il manque quelques explications, du liant, aux écrits que je vous ai livrés. Au fond ces manques supposés ne doivent rien au hasard.

Vous l'aurez compris : je ne suis pas à proprement parler un scientifique académique, j'aime l'univers poétique, les chemins de traverse, une forme de déraison apparente qui n'est en réalité qu'une forme de pudeur cosmétique, une mise à distance, en perspective, car je redoute par-dessus tout les « intellectualités » qui s'autoalimentent sans fin.

Je suis, de part mon éducation et mon métier, un travailleur manuel, un paysan qui sait ce qu'il en coûte de rester trop longtemps assis sur une chaise. Je sais donc œuvrer au ras du sol et le destin d'Icare n'a rien de surprenant pour moi. Comme tout paysan, je sais qu'il faut d'abord du temps et du travail avant de semer, et encore plus de temps et plus de travail avant de peut-être récolter.

Comment s'élever sans risquer de se voir déraciné un jour ?

Pour prévenir ce risque, j'ai décidé d'utiliser un nouveau concept : le concept du ballon captif.

C'est ainsi que, tout gonflé de quelques idées légères en devenir et d'une truculente impertinence joyeuse, j'entends me déplacer et m'élever dans la limite du lien qui m'ancre dans le sol.

Ce lien, vous l'aurez compris est composé de l'alimentation et des comportements alimentaires.

Trop souvent, Michel ONFRAY, Bernard STIEGLER et beaucoup d'autres penseurs du monde se trouvent comme « en suspens, en apesanteur » et leurs idées lumineuses et libres s'envolent et se perdent. Les peuples aiment comprendre ce qu'ils peuvent embrasser.

Les chercheurs ne savent généralement pas trop comment « patouiller » au ras du sol, tirer parti de la matière d'œuvre, objectiver parfois de façon triviale  pour transformer les concepts en outils et les mettre à disposition des inventeurs du quotidien.

Avec ce nouveau concept, je propose de mettre en place un outil d'investigations--garder les pieds sur terre, donner du sens et du bon sens

Une méthodologie proposant des repères stables  utilisant l'alimentation et les comportements alimentaires afin d'évaluer concrètement1, régulièrement et quasiment « en temps réel » 2 les conséquences, l'impact, la mise en œuvre et l'appropriation (ou le rejet) des nouvelles idées par le peuple.

1un mot terrifiant pour un chercheur...

2une idée encore plus terrifiante...

 

C'est sûr, il y a du gras à moudre et nous pouvons faire feu de toutes flèches.

Gub

16/05/2009

La guerre de récession


Gub1correspondant de la guerre de récession.



En direct du front.

La bataille fait rage et les forces en présence sont considérables et à la hauteur des moyens mis en œuvre.

Après quelques mois de déroutes et de retraites désordonnées, les troupes capitalistes redressent enfin la tête ici et là.

La guerre de récession devrait bientôt cesser, ça c'est sûr.

Profitant d'une embellie passagère sur les profits, Quelques places boursières retrouvent de la vigueur et résistent vaillamment aux attaques incessantes des criminels décroissants et au harcèlement des bataillons postiers du NPA, des socialo-communistes, des anarchistes et autres alter-mondialistes collectivistes trotskistes qui ne méritent même pas la corde qui les pendra.

En Suisses, à Monaco, au Luxembourg, mais aussi à Londres à Hong-Kong et dans de nombreuses places plus ou moins confidentielles, les officines bancaires non coopératives reprennent vigoureusement le cours de leurs petites affaires pendant que les divisions de choc du MEDEF, alliées à la merveilleuse coalition composée de la banque mondiale de l'OMC et du FMI, peaufinent leur contre offensive qui, selon des sources autorisées, devrait se produire dans le courant de l'automne prochain. Il serait question d'en finir avec les congés payés, les protections sociales et le droit du travail.

Enfin ! Ne boudons pas notre plaisir en ces temps tératologiques. Peut-être pouvons-nous espérer, au bout du compte, nous sentir libres d'entreprendre à notre guise dans un proche avenir.

Les victimes collatérales de ce conflit mondial se dénombreraient par dizaines de millions. C'est un phénomène tout-à-fait normal dès lors qu'une guerre s'intensifie et se répand.

En l'occurrence, toute sensiblerie est déplacée même si certains reportages particulièrement démagogiques ou entachés du populisme le plus éhonté, montrent à l'envie des gueux affamés faisant la queue devant des boulangeries en rupture de stock ou des familles entières jetées à la rue à la suite de la fermeture de leurs entreprises.

Que ne ferait-on pas pour vendre des feuilles de choux et faire de l'audimat ?

Le gouvernement français tient à rassurer la population quant à l'évolution du conflit. Il n'y aurait selon lui, aucune raison d'avoir peur et de perdre confiance en nos financiers et en nos chefs d'entreprises.

L'histoire nous enseigne que nous avons toujours gagné les guerres car le français est très courageux et sait faire des sacrifices. C'est ainsi, que par la seule force de notre volontarisme national et républicain,  nous avons gagné la guerre de cent ans avec Jeanne d'Arc, celle de 14-18 en 18 avec Pétain, celle de 39-45 en 45 avec Pétain De Gaulle, celle plus récente d'Algérie en Algérie avec Bigear, Aussarès et Massu et que nous gagnerons celle d'aujourd'hui avec Laurence Parisot.

Christine LAGARDE a revu sans hésiter ses prévisions qui sont passées de + 3% de croissance économique à – 3% de croissance négative en moins de six mois.

C'est la preuve, s'il en fallait une, de sa grande réactivité et de la formidable adaptation aux réalités économiques de l'exécutif piloté par François FILLON.

De source non-autorisée mais relativement crédible, nous pouvons espérer une substantielle remontée des actions NATIXIS vers l'année 2030 (dans les choses d'environ 2,73 %) accréditant l'adage qui dit que pendant une crise financière il faut acheter au son du canon, et revendre avant de passer pour un con.


Gub - Correspondant de guerre en direct live de la rue Notre Dame de Lorette à Paris (France)

1Journaliste indépendant, correspondant de guerre accrédité par accréditation. Président de l'association : Objectif : journalistes objectifs (OJO).

Gub est l'auteur de nombreux articles et ouvrages littéraires – Néosynarchie ou le quantique des quantiques, Alain MINCK un homme libre à l'Elysée, BHL le révolté transgressif ou « qui veut la chemise d'un libre penseur ? ». PUJADAS - Mojettes et fayots – Les petites combines pour ne pas être péteux en société.

26/04/2009

Moati, Lefebvre, Lalanne Zemmour et Naulleau


De plus en plus insupportable l'émission de MOATI le dimanche après-midi (RIPOSTES)

Bien sûr, je ne suis pas obligé de rester devant l'écran, mais bon...

Non pas que MOATI soit insupportable, ni que les sujets traités soient sans intérêt ; insupportable du fait que la majorité des invités nous offrent le spectacle affligeant de bourgeois dégénérés, suants de trouille en pensant : aux anarchistes, aux salariés, à la CGT, au NPA et à tout ce peuple qui pue, qui mendie, qui proteste, qui revendique, qui n'a même pas une montre décente au poignet et qui voudrait obtenir des avantages, une plus juste répartition des richesses qu'il produit, que c'est définitivement n'importe quoi et que ce serait donner de la confiture à des cochons.

Ce n'est pas pour dire mais elles n'ont pas tout à fait tord les « ch'tite zélites ». Il est est vrai que le peuple est parfois anarchiste, cégétiste ou membre du NPA. Il est vrai aussi qu'il lui arrive de puer après une journée de labeur. Il est tout à fait possible enfin de le voir  mendier lorsque, suite à un "accident de la vie" 'il se retrouve sans travail. J'en connais personnellement qui osent protester et revendiquer alors qu'ils n'ont même pas une montre décente à porter au poignet.

C'est certain, il est vrai que le peuple peut vraiment faire peur, même aux syndicats, et aux socialistes ! Il ne faut pas lui lâcher la bride car ce n'est qu'un ramassis de bons à rien et de fainéants qui voudraient, en plus, une meilleure répartition des richesses que les bourgeois ont tant de peine à faire fructifier.

Le peuple n'a qu'à faire comme nous, nous les zélites : se bouger le cul pour devenir riche et faire travailler les pauvres. Ce serait bien. Comme ça le peuple se rendrait mieux compte de nos difficultés et du mérite que nous avons.

Frédéric LEFEBVRE, le porte parole de l'UMP, est manifestement le puni qui doit s'y coller le dimanche. Même Charles PASQUA, le vieux briscard rompu aux tripatouillages de toute nature, avait fini par jeter l'éponge, visiblement dégouté par ce pâle tribun, has-been trébuchant, bellâtre ringard dont l'insignifiance n'a d'égale que l'arrogance dont il nous gratifie sans compter.

Comme ceux de son monde il s'exerce à justifier l'injustifiable avec une candeur suspecte qui laisse à penser qu'il est : soit vraiment simplet, soit vraiment voyou, soit encore fayot en diable, soit tout simplement les trois à la fois.

Il se situe  dans le droit fil de la généreuse pensée humaniste et progressiste de Jean Gandois, le dauphin du baron, futur serial killer du patronat, Il s'agit pour lui de convaincre la jeunesse1que l'existence humaine n'est finalement qu'une concurrence réductible à des lois de l'évolution. Il en est de même de   la « crise » actuelle qui viendrait d'outre atlantique et qui serait une épidémie, certes grave, mais sans grand danger pour nous car, nous disposerions des antidotes. Ces lois de l'évolution seraient, elles mêmes soumises à la « fatalité » de la lutte pour la vie, ce qui est évidemment « la négation même de toute civilisation » et le « credo » d'un ultralibéralisme vulgaire à l'extrême.



Un petit mot pour Francis LALANNE.

Mon cher Francis,

J'avoue tout d'abord que je me suis parfois permis de d'étriller gentiment. Je ne suis pas toujours très fin et il est vrai que tu m'énerves un peu, et parfois beaucoup. Je te pense trop souvent dans un rôle de composition, genre « artiste maudit » sur fond de sensiblerie mise en scène et parfois en ob-scène.

Fort heureusement, Comme beaucoup tu es en devenir, (et j'espère être inclus dans le lot. Tous les excès, toutes les vanités, toutes les erreurs s'effacent dès lors que l'on s'élève et que l'Humanité transparaît et se répand au travers de ses propos et de ses actes.

Les idéologues creux de service ont, une fois de plus , bien répondu aux consignes de la prod. Il fallait qu'ils "se fassent LALANNE" et ils ont fait tout ce qu'ils ont pu dans la mesure de leurs petits moyens. Seul Ruquier semblait les trouver très drôles (tu m'étonnes, c'est lui qui organise le show). Pour ce qui me concerne je les ai trouvés comme d'habitude : arrogants, insultants, incultes et pathétiques et télégéniques en diable.

Merci Francis pour la belle leçon de bon sens, de liberté, de retenue et de poésie que tu nous a donnée. Merci de nous avoir rappelé que les poètes et les artistes sont en prise directe avec le monde et ses réalités ; qu'elles soient joyeuses, truculentes ou dramatiques. Les lamentables duettistes ont omis de dire que ce sont les gens comme toi, qui sont les premières victimes des dictateurs. Ils le savent, mais ils se sont bien gardé de le dire. Lorsqu'on torche le cul du roi et de sa cour....

 

 

C'est sûr, le progrès progresse et la télé agresse

Gub

1Pour les plus anciens c'est un peu râpé.

16/04/2009

La cagoule est interdite en France

C'est nouveau, ça vient de sortir.

Dommage que la cagoule n'ait pas été interdite en 1936.

MAM a toujours un train de retard et son cerveau est toujours aussi reptilien. C'est une caractéristique de ce gouvernement : l'inculture et le mépris du peuple.

Ils ont sans doute de bonnes raisons de se méfier autant de leurs amis d'extrême droite que des cons de contribuables vaguement gauchisants. Avec le temps ils ont tellement de vilaines choses à se reprocher qu'il vaut mieux qu'ils se cachent (pourquoi pas derrière des cagoules) 

Qu'est-ce que tu dis ?  ça n'aurait rien à voir avec les cagoulards ? Il s'agirait de la cagoule qu'on porte pendant les manifs pour ne pas être identifié par les RG et pour se protéger des "lacrimo" ? 

Ah bon ! C'est au nom de la transparence... 

C'est vrai, elle a raison. faut pas se cacher lorsqu'on a rien à se reprocher.

MAM, il faut que tu saches que tout est bon chez-moi, rien à cacher, c'est comme dans le cochon. 

C'est décidé ! pour te prouver combien je suis clean j'irai à poil  à la prochaine manif et j'invite tout ceux qui n'ont rien à cacher à faire de même.

Comme le dit si bien Jacques SEGUELA (L'horloger de Neuilly) sur la 5 :  "Les manifs en France c'est comme le carnaval de RIO" 

Alors nous allons pouvoir marquer le rythme en tapant sur des tambours avec nos boules et avec une jolie plume plantée dans le cul.

C'est MAM qui va être contente !!!

C'est sûr, il faut que la transparence soit joyeuse (s)

 

Gub 

15/04/2009

Hitler ou la logique charcutière (suite)


 


Un livre passionnant que je viens de lire : Christophe DEJOURS « Souffrance en France – La banalisation de l'injustice sociale. »

D'après la quatrième de couverture, Christophe Dejours est un psychiatre, psychanalyste, professeur au Conservatoire national des Arts et Métiers et directeur du Laboratoire de psychologie du travail et de l'action. Il mériterait d'être aussi sociologue, philosophe, conseiller politique (auprès de véritables politiciens) et d'avoir une chronique régulière sur France Inter.

La densité du propos, le nombre de concepts, de références et de situations utilisés pose le problème de cette étude. J'ai commencé par souligner certains passages, puis j'ai pris des notes, puis je suis retourné en arrière, puis j'ai tenté d'élaborer des schémas, puis j'ai déprimé car j'ai personnellement vécu et parfois participé aux horreurs décrites. C'est compliqué d'être à la fois « dedans » et de se mettre à distance pour observer et comprendre. C'est compliqué et parfois aussi à la limite du supportable.

Il me semble avoir compris que cette étude est également un travail de militant et de résistant. L'auteur admet que sa rédaction en ce qui le concerne, et sa lecture en ce qui nous concerne, ne peut laisser indifférent et indemne. - Nous sommes ambivalents et réversibles : témoins et acteurs, victimes et bourreaux, manipulateurs et manipulés, vertueux et pervers.... Nous sommes terriblement humains et nous balançons entre normopathie et anormopathie.

Christophe DEJOURS dissèque nos coupables errances dans ce monde que nous n'avons peut-être pas vraiment voulu mais que nous acceptons malgré tout, faute d'imagination, faute de mieux, par paresse et faute de courage surtout.

Au-delà de l'analyse sans concession : souvent profonde, toujours pertinente et parfois douloureuse, Christophe DEJOURS nous donne des clés pour résister et envisager d'autres organisations du travail, d'autres modes relationnels basés sur la solidarité et l'éthique. Des mots qui sont pour l'instant galvaudés, prostitués, éviscérés par nos « doctrinaires dogmatiques » et autres techniciens en communication.

  • Une bonne nouvelle dans cette grisaille : il n'y aurait donc plus de pensée unique (ou alors plusieurs).

Pour ce qui me concerne, il prolonge et alimente ma réflexion sur l'idéologie nazie qui est plus que jamais à l'œuvre et qui distille son poison aussi bien dans les officines de droite comme de gauche.

Nos financiers, en lien direct avec nos politiques rêvent actuellement d'une sortie de faillite économique encore plus jouissive et juteuse qu'auparavant. Ils ambitionnent d'achever le travail commencé – mettre sur le marché nos organes et nos âmes et en finir une fois pour toutes avec les ressources terrestres.(le long terme ne nous concerne pas car à long terme nous ne serons plus là)  

Ils sont prêts à tout pour y parvenir – je dis bien à tout.

J'en veux pour preuve les millions de milliards injectés pour renflouer les copains banquiers et autres industriels ainsi que l'explosion des ventes d'armes dans le monde.

Vous savez, nous savons à qui sera présentée l'addition au bout du compte. 

 

Gub 

05/04/2009

Jean-Marie PELT

Entendu sur France-Inter à l'émission de Denis CHEYSSOU "CO2 mon amour":

" Lors du sommet du G20,  J'ai eu l'impression que les dirigeants des pays les plus riches ambitionnent de revenir le plus rapidement à la situation antérieure "

"Ce serait une catastrophe de ne pas profiter de cette situation pour changer radicalement de modèle de société"

"J'ai beaucoup réfléchi. Je me dis aujourd'hui que seuls les comportements des consommateurs peuvent changer les choses "

" Les comportements ont déjà changé radicalement. Personne ne mesure à quel point c'est rapide - à part les gérants des supermarchés"

 

La sagesse même...

Gub